Nous sommes tous manipulés
Dans nos sociétés dites démocratiques, le rôle de l'opinion est primordial.
Les pouvoirs sont :
- le pouvoir économique, de plus en plus concentré et puissant,
- le pouvoir politique.
Le pouvoir économique se comporte comme une caste qui s'auto-entretien au sein d'un nombre restreint de familles. Le roi n'épouse plus la bergère, il ne l'a jamais fait dans la vie réelle, sauf si elle a déjà rejoint la caste par la célébrité (actrice...). Quelques "nouveaux riches" du monde de arts, des spectacles, du sport mais aussi quelques fortunes fulgurantes de l'internet, de la finance arrivent à se glisser dans le monde des gens qui comptent.
Le pouvoir politique dépend, dans nos démocraties des élections, donc du peuple qui constitue 99% du corps électoral. Donc, en principe, le pouvoir politique ne dépend que du peuple et il doit (il devrait) lui être entièrement soumis. Ca, c'est le discours officiel.
Le pouvoir économique, disposant de la vraie puissance de l'argent, ne peut tolérer de se voir dessaisi du pouvoir politique qui est nécessaire pour ses affaires. Il lui est facile d'acheter le pouvoir politique, mais il faut que cela reste discret pour conserver l'apparence d'une démocratie au service du peuple.
C'est ainsi que les pouvoirs politique et économique qui, au fond, n'en font qu'un, s'évertuent à faire croire au peuple un beau roman, monté de toutes pièces pour qu'il continue à voter pour lui.
Cela repose sur le contrôle de l'information :
- les journaux, les grands média sont rachetés par des industriels ou des financiers, même s'ils ne sont pas rentables économiquement, c'est parcequ'ils représentent un pouvoir d'influence important;
- tous les grands dirigeants politiques et économiques s'entourent de communiquant pour diffuser un discours destiné à convaincre ou endormir l'opinion, plus c'est difficile et plus les "éléments de langage" sont nécessaires pour faire passer le message;
- des jeux et du cirque (télévision) pour endormir le peuple et le détourner des vraies questions;
- scénarisation de la violence, de l'insécurité réelle ou entretenue pour justifier un contrôle policier (état d'urgence);
- sélection, orientation des contenus : opposition du bien et du mal (voir les exemples de Chomsky : La fabrique de l'opinion)...
Par ailleurs, le maintien du peuple dans un état de précarité et de dépendance : des bas salaires et du chômage pour s'assurer la docilité des travailleurs.
En ce qui concerne les médias et l'information, le phénomène internet bouleverse les équilibres traditionnels. Les réseaux sociaux représentent un pouvoir de diffusion et d'influence énorme qui est largement exploité pour la publicité (cela reste dans le jeux du pouvoir économique), mais des groupes de pression commencent à se glisser dans ce nouveau moyen d'influence.
L'ingérence Russe dans les dernières élections Américaines est un cas d'école. Que des milieux d'affaire cherchent à influencer, c'est banal c'est le travail journalier des lobbies, mais dans ce cas précis où la victime est le partis Démocrate Américain, représentant d'énormes intérêts économiques Américains, ça commence à poser un problème. Quand, de surcroît, on soupçonne la Russie (quasiment l'axe du mal), alors ça devient une affaire d'état.
Si je me mets à la place des Américains, avoir été manipulés par un ennemis, c'est, effectivement intolérable et c'est normal de réagir.
Si on prend un peu de recul, les Américains et la CIA ne se sont pas privés de manipuler des gouvernements (en Amérique latine par exemple), voire à financer des rébellions et des coups d'états quand ils estimaient leurs intérêts en jeu.
Comme l'a très bien expliqué Chomsky, l'intervention de la CIA en Amérique latine était présentée par la presse comme une bonne action légitime pour le bien du monde et surtout de l'Amérique, à aucun moment, une manipulation de l'opinion ou une intervention violente dans un autre pays n'était envisagé comme intolérable ou même seulement discutable. Ce qui était légitime pour les Mexicains ou les Venezueliens est intolérable pour les Américains.
Comme tout puissant, l'Américain légitime les règles qu'il a lui-même édictées pour son propre intérêt, c'est la loi du plus fort.
Vladimir Poutine n'est certes pas un modèle démocratique mais on doit lui reconnaître un sens politique certain. Ayant le pouvoir en Russie, il est adulé par la presse de son pays qui n'a pas le choix de le critiquer. En Amérique, il a tout d'abord été ménagé suite à l'élection de D.Trump qui entretenait de bons rapports avec lui quand il l'aidait à gagner les élections. Maintenant que se sont faits jours des soupçons d'ingérence un peu trop grossière, gageons que Mr.Poutine redeviendra l'ennemis. Vladimir Poutine sera noir en tant qu'adversaire (défendant les intérêts de la classe dirigeante Russe) ou blanc en tant qu'allié (momentanément bien sur, tant qu'ils auront des intérêts communs).
Dans tout pays, les hauts dirigeants ont un cynisme qui n'est pas avouable publiquement. En effet, l'opinion publique, le peuple pourrait se rendre compte à quel point il est victime des puissants.